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Le rapport Ringard préconise prévention
et repérage dès la maternelle
Le Monde, 9 novembre 2000
L'ÉCHEC des dyslexiques n'est pas une fatalité. A
la demande de Ségolè-ne Royal, ancienne ministre délé-guée
à l'enseignement scolaire, l'ins-pecteur d'académie Jean-Charles
Rin-gard a examiné les réponses appor-tées par le
système éducatif aux divers troubles de l'apprentissage.
Présenté en février 2000, i1 présente des
recommandations pour attein-dre le premier objectif de "dévelop-per
dès l'école maternelle des actions de prévention
et de repérage des enfants à risque ".
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La responsabilité confiée au sys-tème éducatif
relève tout autant du système de santé, indique d'abord
le rapport. La dysphasie, trouble de l'acquisition du langage, la dys-phasie,
trouble de l'acquisition des gestes, et la dyslexie, trouble de l'ac-quisition
de la lecture, sont tous trois des troubles de l'apprentissage "
par nature durables dans le temps, résistants pour partie aux remédiations
". Selon le rapport, l'éducation nationale devrait organiser
deux dépistages : avant quatre ans pour
les enfants que l'enseignant estime à risque, et à cinq
ans pour tous les autres. Le premier dépistage, réalisé
par les médecins de protection maternelle et infantile (PMI), ferait
l'objet d'une convention de partena-riat entre les conseils généraux
et l'éducation nationale. Le second trouverait sa place dans l'examen
de santé dit "de la sixième année ". A
l'issue de ce bilan, " il importe qu'une réunion de synthèse
soit organisée avec l'enseignant, les parents, un membre du Rased
[réseaux d'aide et de soutien aux élèves en difficulté]
et le médecin de l'éducation nationale, pour apprécier
les mesures à prendre ". Mais le rapport souligne aussi l'importance
d'inciter les pédiatres de ville ou les généralistes
à dépister " d'éventuels troubles langagiers
dans le cadre des consulta-tions régulières ". Pour
atteindre ce but, il conviendrait que le secrétariat d'Etat à
la santé et l'Anaes (Agence nationale d'accréditation et
d'évalua-tion en santé) recommandent des batteries de tests
spécifiques. Il faut
ensuite organiser un diagnostic précis, ce qui suppose de "
créer dans chaque région un réseau de santé
et de centres agréés ". Aveu que ces réseaux
n'existent pas encore...
Quant à la prise en charge, le rap-port conseille qu'elle n'ait
lieu dans les établissements spécialisés que pour
les cas très sévères, Il conseille en outre d'"aménager
les examens et les concours [pour] contribuer à contourner le handicap
de l'enfant face à la langue écrite et/ou orale". En
recommandant de "préciser dans la composition réglementaire
des équi-pes techniques des commissions spé-cialisées
la présence souhaitée d'un orthophoniste et d'un pédiatre
à titre consultatifs selon les dossiers", l'éduca-tion
nationale semble indiquer qu'el-le est prête à ouvrir sa
forteresse.
E.Bx
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